Le projet de transformation du système de santé en Guinée a été officiellement lancé ce mercredi 24 juin 2026. Cette initiative vise à restructurer durablement le secteur afin d’offrir des services de qualité, accessibles et résilients au bénéfice des populations guinéennes. Ce projet d’envergure représente un investissement global de 95 millions de dollars.
Un déploiement stratégique sur 5 ans
Prenant la parole, la ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Khaïté Sall, a précisé les contours financiers et opérationnels de cette initiative.
« Ce que nous lançons aujourd’hui, c’est la traduction sur le terrain – dans une salle d’accouchement et dans un centre de santé – d’une promesse faite à la nation. Concrètement, le projet représente une enveloppe de 95 millions de dollars, comprenant un crédit de 85 millions de la Banque mondiale à travers l’IDA et un don du mécanisme de financement GFF à hauteur de 10 millions de dollars. Il se déploiera sur cinq ans, jusqu’en 2029, et touchera près de 12 millions de personnes. »
La ministre a également souligné que le projet ciblera particulièrement les zones les plus vulnérables du pays :
« Il s’étendra sur nos 7 régions, dont 4 ont été choisies comme prioritaires. Nous les avons retenues parce que c’est là que nos mères et nos enfants payent le plus lourd tribut, et là où la vulnérabilité au climat est la plus forte. Au total, près de 12 millions de Guinéennes et de Guinéens sont concernés.
Mais derrière ces chiffres, ce qui compte vraiment, c’est ce qui va changer dans la vie réelle des gens : davantage de femmes accouchant entre des mains qualifiées, davantage d’enfants vaccinés et correctement nourris, et 4 véritables consultations prénatales au lieu d’une visite tardive et anxieuse. C’est aussi un financement axé sur les résultats, qui ne récompense pas seulement le fait d’ouvrir les portes d’un centre de santé, mais la qualité réelle des soins qui y sont prodigués. Car un centre de santé ne doit pas seulement exister, il doit bien soigner. »
La cérémonie de lancement a été présidée par le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Mohamed Sy Savané, représentant pour l’occasion le ministre directeur de cabinet à la Présidence. Il a mis en avant la place centrale de cette initiative sanitaire dans la politique globale du gouvernement :
« Ce moment dépasse le cadre d’un projet sectoriel. Il s’inscrit dans une étape importante de la transformation nationale, celle d’une Guinée qui choisit de bâtir son avenir sur le capital humain, la justice sociale, la souveraineté et la dignité de ses citoyens. Il ne s’agit plus seulement de répondre aux crises, il s’agit de construire un système capable de les anticiper, de les contenir et de protéger durablement les générations présentes et futures.»
Le projet de transformation du système de santé s’inscrit dans cette trajectoire. Il traduit la volonté du chef de l’État de faire passer notre pays d’une logique de gestion des insuffisances à une logique de transformation structurelle. C’est pour cette raison que les réformes engagées dans le secteur de la santé doivent être conduites avec méthode, exigence et redevabilité. »
Les défis majeurs de la santé en Guinée
Le coordonnateur du projet, le Docteur Moustapha Grovogui, a profité de cette tribune pour rappeler la situation sanitaire actuelle du pays à travers plusieurs indicateurs clés issus des dernières études de l’Institut National des Statistiques (INS) :
Espérance de vie : Environ 59 ans.
Mortalité maternelle : 550 décès pour 100 000 naissances vivantes.
Mortalité infantile : 99 décès d’enfants de moins de 5 ans pour 1 000 naissances vivantes.
Accouchements assistés : Seuls 55 % des accouchements ont lieu dans des établissements de soins agréés.
Vaccination : 63 % des enfants sont complètement vaccinés.
Planification familiale : Le taux de prévalence de la contraception s’élève à 11 %.
Le Docteur Grovogui a conclu en rappelant que le projet s’attaquera prioritairement à ces chantiers majeurs, notamment par l’amélioration de l’utilisation des services de santé maternelle, la réduction de la mortalité infantile et la lutte contre la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans.
Amara Morgan pour Kabakonews.com






