TRIBUNE POLITIQUE
Démocratie guinéenne : pourquoi le statut de Chef de file de l’opposition doit revenir au Président Mory Kaba? ( Par Cheick Oumar Traoré)
Les élections législatives sont désormais derrière nous. Le verdict des urnes a consacré une nouvelle réalité politique : notre famille politique, portée par l’alliance entre l’AGN et l’UPAG – Les Patriotes, s’impose aujourd’hui comme la première force de l’opposition guinéenne, avec quatre députés élus et une présence politique désormais incontournable.
Je n’ai pas été élu personnellement. Mais en démocratie, les combats dépassent toujours les ambitions individuelles. Ce qui importe aujourd’hui, c’est la force des idées, la crédibilité du projet politique porté et la responsabilité qui découle de la confiance exprimée par les électeurs.
Cette nouvelle configuration politique appelle une exigence républicaine : la réactualisation du statut de Chef de file de l’opposition.
Une démocratie moderne ne se mesure pas seulement à la solidité de sa majorité. Elle se mesure également à la place qu’elle accorde à une opposition forte, responsable et institutionnellement reconnue. La démocratie guinéenne gagnerait à réactualiser ce statut afin de renforcer le pluralisme, l’équilibre des pouvoirs et la qualité de notre vie démocratique.
Si l’AGN est devenue la première force de l’opposition, il est naturel que son Président, M. Mory Kaba, bénéficie des prérogatives attachées à ce statut, non comme un privilège ou une faveur, mais comme la traduction institutionnelle de la volonté exprimée par les électeurs.
Mory Kaba n’incarne pas une opposition de rupture permanente. Il incarne une opposition de responsabilité, de propositions et de construction. Son approche politique, fondée sur le « circonstancialisme », consiste à placer l’intérêt supérieur de la Nation au-dessus des postures idéologiques et des antagonismes stériles.
Dans cette philosophie, il n’existe ni alliances éternelles ni oppositions systématiques ; il n’existe que des circonstances qui imposent aux acteurs politiques de se rassembler ou de se distinguer en fonction de ce qui sert le mieux la Guinée et les Guinéens.
C’est d’ailleurs dans cet esprit qu’est née notre alliance politique.
Les alliances durables reposent sur la confiance, le respect mutuel et la fidélité aux engagements librement consentis. En politique, la parole donnée est un capital ; la préserver, c’est préserver l’avenir des partenariats.
Notre alliance n’est ni une alliance de circonstance électorale ni une alliance de convenance personnelle. Elle est un pacte de confiance et de responsabilité devant le peuple de Guinée. Nous demeurerons fidèles aux engagements librement souscrits, convaincus que le respect de la parole donnée est le fondement de la crédibilité politique.
L’histoire politique enseigne que les peuples pardonnent parfois les erreurs, mais rarement les reniements.
Au moment où notre pays ouvre une nouvelle séquence institutionnelle, nous invitons les autorités de la République et les députés nouvellement élus à prendre acte de cette réalité politique et à faire prévaloir l’esprit républicain.
Reconnaître à Mory Kaba le statut de Chef de file de l’opposition, c’est reconnaître le choix des électeurs, consolider le pluralisme politique et renforcer la crédibilité de nos institutions démocratiques.
Pour ma part, mon engagement pour la Guinée ne dépend ni d’un mandat ni d’une fonction. Il est avant tout un engagement de conviction, de service et d’action au bénéfice de nos compatriotes.
Le combat continue, avec responsabilité, fidélité et espérance. « Ensemble, avançons. »
Par Cheick Oumar Traoré
Économiste, Spécialiste des Politiques Publiques et de l’Audit.
Président de l’UPAG – Les Patriotes






