À la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), le voile se lève sur les charges pesant contre l’ancien président de la délégation spéciale de Matam et ses co-accusés. Selon l’acte d’accusation, l’État guinéen, via l’Agent judiciaire de l’État (AJE), a engagé des poursuites contre Badra Aliou Cheickna Koné, ainsi que ses collaborateurs et plusieurs entités morales. L’audience s’est ouverte ce mercredi 29 avril 2026.
Outre Badra Koné, la procédure vise nommément :
• Personnes physiques : Abass Keïta, Diarra Moustapha Sanoh, Zahraa Makdisi, Mohamed Lamine Doumbouya, Fodé Fatoumata Camara et Said Elmi Kelhiye.
• Personnes morales : Les sociétés B&B BTP SARL, SOCOBA SARL et FANKOU Construction.
Les chefs d’accusation retenus sont particulièrement lourds : détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écritures publiques, escroquerie, prise illégale d’intérêts, conflit d’intérêts, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.
Lors de l’audience, le juge Alpha Camara a formellement notifié au publicitaire de profession les faits qui lui sont reprochés. Il est notamment accusé d’avoir orchestré le détournement d’une somme colossale s’élevant à 240 milliards de francs guinéens, des faits qui remonteraient à février 2021.
Les débats sont houleux entre la défense et les substituts du Procureur Spécial de la CRIEF. Me Lancinet demande à ce que leur client soit présenté à un juge d’instruction avant l’ouverture de tout procès. Les avocats de la partie civile demandent à ce qu’on donne la parole à Badra Koné de s’exprimer sur les faits qui lui sont reprochés.
Amara Morgan pour Kabakonews.com





