Le PDG de la société HAMANA était face à la presse ce mardi 6 octobre 2026. La rencontre avait pour thème : « Économie guinéenne : rôle du Gouvernement et du secteur privé ». Mohamed Kourouma a abordé les problèmes auxquels le secteur privé fait face. Il a également souligné l’importance de la stabilité pour le développement du pays.
Dans son intervention, le patron de la société HAMANA, Mohamed Kourouma, a dénoncé certains discours qui créent l’instabilité et qui risquent de freiner l’émergence du pays.
« Comme nous l’avons dit, certains pensent que les mots n’ont pas d’impact. Vous pensez utiliser certains mots uniquement contre le président, contre le gouvernement, contre une personne ou contre un parti politique. Mais en réalité, c’est contre toute la Guinée que vous les utilisez. Regardez les difficultés que nous traversons aujourd’hui en Guinée : les entreprises qui devraient venir installer des usines à Kindia, Mamou, Kankan, Nzérékoré ou Labé ne sont pas là. Il n’y a donc que l’État qui fonctionne et qui emploie. Or, si seul l’État travaille et que le secteur privé est absent, il ne peut pas y avoir de créations d’emplois. Regardez ce qui se passe en Europe ou en Amérique : en Europe, ils n’ont pas de bauxite ni de ressources minières comparables, mais ils ont développé l’industrie, l’agriculture et les entreprises. C’est avec cet argent qu’ils ont construit leurs pays. Chez nous, au contraire, seul l’État produit. Et les gens pensent qu’il faut systématiquement combattre n’importe quel pouvoir en place. En croyant combattre le pouvoir, c’est toute la Guinée que vous combattez. Voilà le vrai problème de notre pays. »
Selon cet opérateur économique, vouloir s’opposer à l’État revient à compromettre l’activité économique de toute la nation.
« Que l’État ait raison ou tort sur un sujet, si vous cherchez le conflit permanent avec lui, vous faites en réalité la guerre à toute la nation. Tant qu’il y aura de l’instabilité, de la division ou du communautarisme dans un pays, les entreprises investisseuses ne viendront jamais. Et s’il n’y a pas d’investisseurs, c’est nous tous qui souffrons. C’est pour cela que nous sommes là aujourd’hui : pour expliquer la complémentarité entre l’État et le secteur privé. Tout ce qu’on voit en Europe ou en Amérique appartient au secteur privé. L’État n’est pas là pour donner de l’argent afin de construire des usines, faire de l’élevage ou de l’agriculture ; l’État est là pour accompagner, délivrer les agréments et sécuriser le cadre. Mais nous, nous continuons de croire que l’État doit tout faire. Cette mentalité date de l’époque du communisme, où tout dans le pays appartenait à l’État. Aujourd’hui, les règles économiques internationales sont claires : l’État perçoit les taxes, la douane et les impôts, mais ce sont les acteurs privés qui créent les usines, l’agriculture et l’élevage. Et pour venir, ces investisseurs ont besoin de la garantie de l’État, mais aussi de la sérénité de toute la population. »
Par ailleurs, M. Kourouma a rappelé que les dirigeants passent, mais que l’État reste.
« Nous sommes donc réunis aujourd’hui pour échanger et clarifier la situation. Lorsque vous utilisez des mots violents en pensant cibler une personne, c’est toute la Guinée que vous fragilisez. S’il n’y a pas d’entreprises ni d’emplois, c’est la Guinée entière qui en pâtit. Les dirigeants passent, mais la Guinée reste. Le président Lansana Conté était là, d’autres sont passés ; ils ont gouverné en leur temps, puis ils sont partis, mais la Guinée, elle, est toujours là. C’est pour cela qu’il faut éclairer les consciences. »
Amara Morgan pour Kabakonews.com






