Devant les hommes de médias ce samedi 22 août 2026, Cheick Oumar Traoré, président de l’UPAG, a plaidé en faveur d’une réforme institutionnelle majeure touchant à la structuration du jeu politique guinéen. L’objectif affiché : instaurer un dialogue contradictoire constructif et redonner à l’opposition une place conforme aux exigences d’une République démocratique moderne en reconnaissant le statut de chef de file de l’opposition.
D’entrée, le président de l’UPAG a tenu à lever toute ambiguïté autour de sa démarche.
« Ce qu’il faut dire, c’est que cette conférence que nous avons décidé d’organiser aujourd’hui n’est pas une contestation de l’État. Encore une fois, il faut le dire clairement : ce n’est ni une contestation de l’État, ni une opposition systématique au gouvernement en place. Et s’il y a aujourd’hui des personnalités ou un groupe de personnes qui accompagnent ce pouvoir sans rien attendre en retour, s’il faut les citer, nous serons au premier plan. Depuis le 5 septembre 2021 jusqu’à aujourd’hui, et jusqu’aux élections législatives, nous avons posé pas mal d’actions concrètes. »

L’acteur politique a ensuite souligné ce qu’il qualifie de déséquilibre dans l’arène politique actuelle du pays.
« Lorsque vous regardez notre pays, vous vous rendez compte qu’il y a aujourd’hui un déséquilibre. Et ce déséquilibre, en fait, c’est quoi ? C’est que nous connaissons le niveau d’organisation de la majorité présidentielle. Nous connaissons la structure donnée, ou l’autorisation et la reconnaissance accordées à la mouvance présidentielle. Mais aujourd’hui, nous n’avons aucune idée quant à l’organisation de la force d’opposition. C’est un point extrêmement important. Nous sommes dans une République, et notre République n’est pas aristocratique. À ce que je sache, nous sommes dans une République démocratique. Or, une République démocratique ne peut fonctionner que si l’on maintient un certain équilibre. Autant la majorité présidentielle est reconnue, autant il doit y avoir une institution qui accompagne l’opposition politique. Mais aujourd’hui dans notre pays, on a tendance à constater que la dissidence a disparu. Il faut le dire clairement : le dialogue et les échanges contradictoires ont tendance à disparaître. »
Pour y remédier, le leader politique recommande la reconnaissance formelle d’un statut de chef de file de l’opposition.
« Quand je parle du statut de chef de file de l’opposition, je ne parle pas d’une personne, d’un leader politique ou d’un groupe d’individus. Je parle d’une institution, et non d’une personne. Cela pourrait être notre famille politique aujourd’hui, ou n’importe quelle autre famille ou acteur politique guinéen demain, à condition que cela se fasse sur la base de critères objectifs définissant les missions et les objectifs assignés à cette institution. Nous ne cherchons aucun privilège ni avantage personnel. Ce combat est loin d’être personnel ou partisan. Nous ne parlons pas d’individus, mais d’institutions et de principes démocratiques », a insisté Cheick Oumar Traoré.
Amara Morgan pour Kabakonews.com



