De passage à la primature, le haut prélat guinéen de 81 ans a livré une véritable leçon de sagesse politique, sociale et spirituelle. Entre appel à l’humilité des dirigeants, partage équitable des richesses et exigence de cohérence religieuse, ses mots résonnent comme un guide pour l’avenir du pays.
Fort d’un parcours ecclésiastique exceptionnel, le Cardinal Robert Sarah a rappelé le privilège qui a été le sien de travailler main dans la main avec les figures les plus illustres de la papauté contemporaine.
« J’ai eu la joie de connaître le pape Jean-Paul II, le pape Benoît XVI, le pape François, et maintenant le pape Léon XIV. J’ai aussi un peu connu le pape Paul VI, alors que j’étais encore étudiant. J’ai donc été privilégié de pouvoir travailler avec des papes si illustres pour notre monde. »
Dans un message direct adressé aux décideurs politiques et civils, le Cardinal a redéfini le concept même de pouvoir. Il rappelle que gouverner est avant tout une lourde responsabilité humaine et morale.
« Car quand on a autorité, ce n’est pas pour écraser les gens, c’est pour les faire grandir. Le mot « autorité » vient du latin augere. Il signifie « faire grandir ». L’autorité d’un père n’est pas faite pour écraser ses enfants, mais pour les faire grandir. Toute autorité, qu’elle soit politique ou civile, est faite pour faire progresser les autres. »
Pour Robert Sarah, le pouvoir ne doit pas être un instrument de domination, mais un levier d’émancipation pour le peuple.
Le prélat n’a pas éludé les réalités socio-économiques du pays. Tout en reconnaissant les immenses ressources naturelles dont la Guinée est dotée, il a fustigé la concentration des richesses entre les mains de quelques-uns, appelant à une justice sociale concrète.
« Ces richesses ne sont pas faites pour une petite minorité, elles sont faites pour tous les Guinéens », a-t-il martelé, espérant que le pays connaisse enfin un bonheur à la hauteur de son potentiel.
Dans une Guinée profondément croyante, qu’elle soit chrétienne ou musulmane, le Cardinal a pointé du doigt le fléau de l’hypocrisie religieuse.
« On ne peut pas mentir à Dieu. Ce que je dis à Dieu à la mosquée ou à l’église doit se refléter dans ma vie en société. Dieu n’entend pas seulement les paroles qui sortent de notre bouche ; Il regarde ce qu’il y a dans notre cœur. »
Amara Morgan pour Kabakonews.com





