Le climat sécuritaire pour les professionnels des médias en Guinée franchit un nouveau palier d’inquiétude. Ibrahim Sory Barry, dit Ibra Barry, directeur de la publication du site d’information Verite224.com, est confronté à une série de menaces de mort persistantes faisant suite à son travail d’investigation sur une affaire sensible impliquant le décès d’une citoyenne canadienne.
L’engrenage a débuté il y a quelques jours, à la suite de la participation du journaliste à la réalisation d’une enquête sur le présumé assassinat d’une ressortissante canadienne. Ibrahim Sory Barry, qui a notamment agi en tant que « fixeur » lors d’un entretien avec Rafiou Sow, président du parti PRP, se retrouve aujourd’hui au cœur d’une tourmente sécuritaire.
Au-delà de cette interview, c’est la publication d’un article fouillé sur Verite224.com concernant ce même dossier qui semble avoir cristallisé les tensions. Depuis la diffusion de ces éléments, le journaliste rapporte une multiplication d’appels masqués et de messages anonymes, porteurs de menaces directes sur son intégrité physique.
« Je suis préoccupé pour ma sécurité. Les menaces et intimidations que je reçois par messagerie privée, ainsi que des appels anonymes, m’ont conduit à prendre la décision de quitter le pays afin de préserver ma vie et d’assurer la sécurité de ma famille », a confié le journaliste joint par notre rédaction.
La décision d’Ibrahim Barry de quitter le territoire national témoigne de l’extrême gravité de la situation. Face à l’impossibilité de poursuivre son travail dans des conditions sereines et devant l’absence de garanties sécuritaires, le directeur de publication Verite224.com a choisi de mettre sa famille à l’abri, préférant l’exil au silence forcé ou au risque de représailles.
Ce cas rappelle, s’il en était besoin, la vulnérabilité des journalistes guinéens lorsqu’ils touchent à des dossiers judiciaires ou politiques hautement sensibles.
La communauté des défenseurs des droits de l’homme et des libertés de la presse devrait, selon toute attente, suivre ce dossier avec une attention particulière, alors que la sécurité des médias reste un pilier fragile de la démocratie guinéenne.






