Le 5 juin de chaque année, l’humanité célèbre la Journée mondiale de l’environnement. Elle met en lumière les alertes liées au changement climatique qui affecte notre planète. En Guinée, les défis en matière de protection des écosystèmes restent considérables. À cette occasion, notre rédaction est allée à la rencontre de Mohamed KALOGA, chef de projet et chargé du plaidoyer au sein de l’ONG Green Transformation 2050.
La Journée mondiale de l’environnement 2026 est célébrée sous le thème ‘’l’action climatique’’. La Guinée ressent déjà les effets du dérangement climatique, affirme Mohamed KALOGA, environnementaliste.
« Dans le contexte actuel de la Guinée, je peux dire que le pays est particulièrement vulnérable au changement climatique et les communautés continuent de subir les impacts de ce fléau. De l’autre côté, on peut aussi citer les déchets plastiques, qui constituent aujourd’hui l’un des plus grands défis que nous rencontrons. Vous avez récemment vu ce qui s’est passé à Conakry. Avec les premières pluies qui sont tombées, nous avons déjà constaté que les déchets plastiques ont obstrué les caniveaux. Ces facteurs continuent non seulement à dégrader notre environnement, mais aussi à affecter la santé des populations. » a-t-il déclaré.
Les premières pluies qui sont tombées dernièrement ont mis en évidence l’urgence de la protection de l’environnement. Pour ce spécialiste il faut aller au-delà de la sensibilisation pour gagner le pari.
« Il faudra vraiment aller au-delà de la sensibilisation. Nous avons passé plusieurs années à faire de la sensibilisation et du nettoyage. Je crois que ce n’est pas la seule solution. Il est important d’autonomiser les jeunes afin qu’ils mettent en place des solutions innovantes en matière de recyclage, et d’appuyer les PME pour qu’elles puissent collecter ces déchets, mais aussi les transformer. De l’autre côté, il est également important de créer des emplois autour de la gestion des déchets plastiques, c’est-à-dire des emplois verts. » a souligné Mohamed KALOGA.
Pour mieux protéger notre écosystème, Mohamed KALOGA énumère plusieurs gestes et bonnes pratiques que les citoyens peuvent adopter.
« Ce sont des gestes simples. Par exemple, lorsque vous achetez un sachet d’eau, après utilisation, vous le gardez avec vous jusqu’à trouver un point de dépôt où le jeter. De l’autre côté, si vous voyez quelqu’un en train de jeter des ordures, interpellez-le et essayez de lui expliquer la situation ainsi que les bonnes attitudes à adopter. Je crois que ce sont de petites habitudes très simples, mais qui restent difficiles à adopter dans notre société. » a-t-il expliqué.
Mohamed KALOGA regrette le manque d’implication de certains acteurs de la société civile dans la protection de l’environnement en Guinée. Il demande également aux autorités de privilégier les campagnes de reboisement.
« L’implication est très limitée, particulièrement au niveau de la société civile. Peu d’acteurs interviennent réellement dans ce processus. Beaucoup de personnes travaillent dans le domaine environnemental, mais n’ont pas toujours les compétences nécessaires à ce niveau. Il est donc important de continuer à renforcer les capacités afin de permettre aux acteurs de la société civile d’agir efficacement. Car il existe de nombreuses opportunités pour réduire la déforestation à travers l’engagement citoyen. Par exemple, ces derniers temps, nous avons participé à plusieurs campagnes de reboisement. Mais il ne faut pas seulement reboiser, il faut aussi assurer le suivi. Le gouvernement doit revoir certaines de ses actions et prioriser les zones les plus vulnérables. Actuellement, les projets miniers en cours ont des impacts négatifs sur nos forêts. Il est donc important de cibler ces zones et de veiller à un suivi régulier afin que les efforts de reboisement ne soient pas réduits à néant par les activités humaines. » a-t-il regretté.
Ce spécialiste des questions environnementales invite les populations à agir en faveur de la préservation de notre écosystème.
Alh Condé pour Kabakonews.com






