Dans un communiqué officiel publié ce lundi 01 juin 2026, le Réseau Ouest-Africain pour l’Édification de la Paix (WANEP-Guinée) s’est dit satisfait du déroulement général des scrutins législatifs et communaux qui se sont tenus la veille, le dimanche 31 mai 2026. Tout en saluant le calme global de la journée, l’organisation a toutefois pointé du doigt plusieurs manquements et dysfonctionnements opérationnels.

Une participation inclusive et sécurisée
Grâce aux rapports remontés par ses observateurs déployés sur le terrain, WANEP-Guinée a pu dresser une première cartographie de la participation :
• Inclusivité : Les files d’attente étaient composées de 47 % de femmes et de 40 % de jeunes de moins de 35 ans. De plus, les électeurs vulnérables (personnes en situation de handicap, personnes âgées et femmes enceintes) ont bénéficié de l’assistance requise dans les bureaux observés.
• Sécurité et observation : La présence des forces de sécurité a été confirmée dans 95 % des centres de vote. Par ailleurs, 21 % des observateurs de WANEP ont signalé la présence d’autres structures de supervision nationales et internationales.
• Lutte contre la désinformation : La chambre de vérification des faits (Fact-checking) a noté un volume de fausses informations nettement inférieur à celui enregistré lors des scrutins référendaire et présidentiel de 2025.
Ouverture des bureaux : un démarrage globalement conforme
La Salle de Situation Électorale de WANEP indique que les procédures d’ouverture ont été respectées dans leur grande majorité, conformément à l’article 78 du Code électoral :
• 99 % des bureaux ont procédé à la vérification réglementaire de l’urne (vide et fermée par au moins 3 scellés).
• 97 % des bureaux ont rigoureusement respecté les procédures légales d’ouverture.
• 93 % des bureaux affichaient complet à l’ouverture avec la présence des 5 membres du personnel électoral.
• 77 % de ces bureaux intégraient au moins une femme parmi leurs membres.
Des incidents et des failles opérationnelles localisés.
Derrière ce bilan globalement positif, l’analyse rigoureuse des données — alimentée par 600 observateurs couvrant 4 200 bureaux de vote — a mis en lumière 3 432 alertes. Ces incidents, bien que localisés, nécessitent un traitement juridique approprié :
• Retards et logistique : Des défaillances logistiques importantes ont été signalées, notamment des retards à l’allumage (15 % des bureaux n’étaient pas ouverts à l’heure) et un manque criant de matériel dans 15 % des bureaux (encre indélébile, listes d’émargement, fiches de dérogation, scellés, etc.).
• Ruptures de stocks : Une rupture de documents essentiels au dépouillement a été constatée dans 6 % des bureaux, en particulier dans la région de Labé.
• Faible représentation des partis : Les délégués des candidats ou des partis politiques étaient absents dans 486 bureaux de vote (soit 16,27 % des alertes).
• Manque de transparence et irrégularités : WANEP a documenté 21 cas de non-affichage des procès-verbaux (notamment à Bolodou, Diountou 2 et Madina-Wora). Plus grave encore, des cas avérés de corruption, de pression et d’ingérence administrative ont été signalés à Siguiri (région de Kankan) et à Madina Salambandé (Mali, région de Labé).


Malgré ces anomalies logistiques et ces quelques dérapages locaux, WANEP-Guinée souligne qu’aucune violence majeure n’a été enregistrée dans les bureaux de vote observés, saluant la maturité civique des électeurs.

Amara Morgan pour Kabakonews.com






