Une récente étude menée dans la capitale guinéenne par l’ONG Mêmes Droits pour les Enfants (MDE) dresse un bilan sombre de la protection de l’enfance. Le milieu familial, scolaire et communautaire restent les principaux théâtres de ces abus.
Le constat est sans appel et interpelle l’ensemble de la société. Selon une enquête de terrain réalisée par l’ONG Mêmes Droits pour les Enfants (MDE), près de huit enfants sur dix à Conakry ont déjà été confrontés à la violence. L’objectif de cette initiative: Cerner l’ampleur du phénomène pour mieux orienter les futures actions de prévention et de protection.
Menée du 15 au 18 février 2026, l’étude a mobilisé 16 enquêteurs formés sur l’application KoboToolbox et rompus aux règles éthiques strictes de la recherche sur les mineurs (consentement, confidentialité).
Au total, 122 participants ont été interrogés, parmi lesquels :
78 enfants (41 filles et 37 garçons)
18 parents
13 enseignants
13 leaders communautaires et religieux
Le chiffre clé : 76 %
C’est la proportion d’enfants interrogés qui déclarent avoir subi au moins une forme de violence.
Les espaces de socialisation devenus des zones à risque
L’enquête de l’ONG met en lumière une réalité dérangeante : les violences se produisent majoritairement là où l’enfant devrait se sentir le plus en sécurité, à savoir le foyer, l’école et la communauté.
Plusieurs formes d’abus ont été formellement identifiées :
Violences verbales, physiques et psychologiques.
Les principaux obstacles au changement
Pourquoi le phénomène persiste-t-il ? L’ONG MDE pointe du doigt trois freins majeurs :
L’acceptation sociale : Certaines pratiques violentes restent banalisées et tolérées par la population.
Le silence : Les mécanismes de signalement existants sont encore très faiblement utilisés.
Le manque de compétences : Les acteurs locaux de la protection de l’enfance souffrent d’un déficit de formation.
Face à cette situation jugée préoccupante, Mêmes Droits pour les Enfants appelle à un sursaut collectif. L’organisation recommande de renforcer urgemment les campagnes de sensibilisation, les programmes de formation des acteurs clés et l’accompagnement des victimes.
« La protection de l’enfance est une responsabilité collective. Chaque enfant mérite de grandir dans la sécurité, la dignité et le respect de ses droits », rappelle l’ONG en guise de plaidoyer final.
Amara Morgan pour Kabakonews.com






