Reporters sans frontières a dévoilé son classement mondial 2026 de la liberté de la presse, un baromètre de référence qui évalue chaque année les conditions d’exercice du journalisme dans 180 pays du monde. Cette nouvelle édition dresse un constat préoccupant, la liberté de la presse n’a jamais été aussi dégradée depuis 25 ans. Plus de la moitié des pays se trouvent désormais dans une situation jugée « difficile » ou « très grave », signe d’un recul global du droit à l’information. Alors qu’elle occupait la 103ᵉ place l’année dernière, la Guinée se classe désormais 111ᵉ dans ce nouveau rapport.
Ce rapport de RSF est le plus alarmant des 25 dernières années, notamment en raison des nombreuses violations de la liberté de la presse.
« Ce qu’on observe au niveau mondial, c’est que la liberté de la presse n’a jamais été aussi basse depuis 25 ans. Pour la première fois dans l’histoire du classement, plus de la moitié des pays du monde sont en situation difficile ou très grave. Le score moyen de l’ensemble des pays étudiés n’a jamais été aussi bas. Et ce qui baisse le plus en termes d’indicateurs, c’est l’indicateur légal. Ce qui signifie que le journalisme est de plus en plus criminalisé. Un autre fait notable qu’on peut retenir au niveau mondial, c’est que malheureusement, c’est un pays d’Afrique qui ferme ce classement pour la troisième année consécutive. Ce qui signifie que la liberté de la presse n’a jamais été aussi basse depuis 25 ans. » déplore Jeanne Lagarde, responsable des plaidoyers Afrique subsaharienne de Reporters sans frontières.
L’année dernière, la Guinée occupait la 103ᵉ place mondiale, contre la 111ᵉ en 2026.
« Cette année, la Guinée perd encore plusieurs points et chute, malheureusement, avec une baisse de son score politique de 8,5, ce qui est quand même la plus grosse baisse de la région. Et ce qu’on note aussi, c’est qu’il y a vraiment de plus en plus d’auto- censure, malheureusement. » A-t-elle affirmé avant de formuler des recommandations aux autorités guinéennes, pour l’évolution de ma liberté de la presse dans le pays. « Donc ce qu’on peut recommander, nous, de notre côté, en tout cas aux autorités, c’est de faire toute la lumière sur le sort du journaliste Habib Marouane Camara, de rétablir les licences des médias privés indépendants, des télés et des radios qui ont été interdites purement et simplement. »
Cette responsable des plaidoyers Afrique subsaharienne de RSF appelle les décideurs du monde à prendre des mesures pour la protection de la liberté de la presse.
« La clé réside maintenant en fait dans l’action des états, en particulier des démocraties, qui doivent faire de la protection des journalistes une priorité, à la fois politique et pénale. En fait, des leviers d’action existent, mais ça suppose le déploiement de politiques publiques pour renforcer un environnement qui est favorable aux journalistes. Et en parallèle, ce qu’on recommande c’est aussi de mettre en place des politiques pénales qui permettent d’enquêter sur les crimes commis contre les journalistes. »
L’Afrique subsaharienne n’a jamais enregistré des niveaux préoccupants comme cette année, selon cette responsable. Jeanne Lagarde estime que les instabilités politiques sont à la base de la fragilisation du secteur.
Med Bang’s pour Kabakonews.com




