Des femmes du marché Avaria, dans la commune de Matam, ont manifesté ce mardi matin contre leur déguerpissement forcé de la route du Niger. Ces mères de famille dénoncent les brutalités subies de la part des forces de l’ordre et expriment leur désarroi face à cette opération surprise.
Assises le long de la route du Niger, les manifestantes se disent désemparées par cette intervention musclée. Mariama Camara, l’une d’elles, a livré son témoignage.
« Ce matin, nous sommes confuses. Parce que ce sont les femmes qui ont dit oui à la nouvelle constitution. Aujourd’hui, les mots nous manquent. Le marché est paralysé. Les femmes qui travaillent avec les Chinois ne peuvent plus rien faire. Même les boutiques sont fermées. Rien ne fonctionne à Madina. Les femmes sont encerclées par les forces de l’ordre. Nous demandons à l’État de venir nous aider. Nous ne savons pas où aller. C’est ici que nous nous connaissons. Les femmes ne sont pas sur la voie publique, elles sont même derrière les fossés pour revendre leurs marchandises. Nous n’avons nulle part où aller. »
Mariama Camara a également fustigé l’intervention des agents de maintien d’ordre.
« Des femmes ont été embarquées. Elles ont bien précisé : « Ici, c’est chez nous. On ne va pas faire la guerre. Hier, on a soutenu le président. Aujourd’hui, on le soutient. Demain encore, on le soutiendra. » On ne va pas faire la guerre, mais manifester notre douleur. Tout le monde a été dispersé. D’autres ont été blessées. Il n’y a pas de mots pour décrire ce qui s’est passé ce matin. On dirait un camp de guerre ici. »
Selon la présidente des femmes déguerpies d’Avaria Marché, deux manifestantes ont été arrêtées et conduites au commissariat central de Madina. Des démarches sont en cours pour obtenir leur libération.
Amara Morgan pour Kabakonews.com






