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Forêts en péril, avenir suspendu : la Guinée face au défi de la dégradation silencieuse (Par Alpha O. KALOGA)

mars 21, 2026
in Environnement
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Forêts en péril, avenir suspendu : la Guinée face au défi de la dégradation silencieuse (Par Alpha O. KALOGA)

Chaque 21 mars, le monde célèbre la Journée internationale des forêts. Les discours se multiplient, les communiqués saluent l’importance des « poumons verts », les institutions réaffirment leur engagement. Mais pendant que nous parlons, les forêts continuent de disparaître. Lentement. Silencieusement. Sans provoquer le choc médiatique qu’elles mériteraient.

Si l’Amazonie ou l’Asie du Sud-Est occupent l’essentiel de l’attention internationale, une transformation tout aussi critique se joue en Afrique dans le bassin du Congo mais aussi en Afrique de l’Ouest. En Guinée, la pression sur les écosystèmes forestiers révèle un dilemme profond : comment concilier des ambitions économiques légitimes avec la préservation d’un capital naturel vital pour l’avenir du pays — et du climat mondial.

Les forêts : une infrastructure stratégique encore sous-estimée : Les forêts ne sont pas des paysages périphériques ni des réserves foncières en attente de « valorisation ». Elles sont l’un des systèmes de régulation les plus essentiels de la planète. Elles absorbent le carbone, stabilisent les cycles de l’eau, maintiennent la fertilité des sols et soutiennent les moyens de subsistance de centaines de millions de personnes.

Les scientifiques le répètent depuis des décennies : sans forêts, l’équilibre climatique devient impossible. Pourtant, les décisions économiques continuent de traiter ces écosystèmes comme une ressource disponible, interchangeable, sacrifiable.
Cette contradiction n’est pas seulement technique. Elle est politique. Elle traduit une vision du développement encore dominée par l’extractivisme, où la nature est considérée comme une variable d’ajustement plutôt que comme un socle de prospérité durable.

Une crise mondiale qui révèle l’échec des modèles actuels: La déforestation mondiale n’est pas une fatalité écologique. Elle est le résultat direct de choix économiques, de politiques publiques incohérentes et de chaînes d’approvisionnement globalisées qui externalisent leurs impacts environnementaux.

Chaque année, des millions d’hectares disparaissent sous l’effet de l’agriculture intensive, de l’exploitation minière, de l’urbanisation et de la demande croissante en ressources. Mais au-delà des images de coupe rase, une menace plus insidieuse progresse : la dégradation forestière.

Moins visible, elle fragilise progressivement les écosystèmes. Elle réduit leur capacité à stocker du carbone, accélère l’érosion de la biodiversité et expose les communautés rurales à des risques climatiques accrus. Elle révèle aussi l’incapacité persistante des politiques publiques à s’attaquer aux causes structurelles de la pression sur les ressources naturelles.

Dans un monde où les forêts génèrent près de 450 milliards de dollars par an et soutiennent la vie de 1,6 milliard de personnes, le lancement du mécanisme Tropical Forests Forever Facility (FOREVER) marque une avancée importante pour leur protection. Portée notamment par le Brésil, qui a annoncé une contribution initiale de 1 milliard de dollars, cette initiative vise à créer un nouveau modèle de financement durable alors que la déforestation reste préoccupante : en 2024, les forêts primaires tropicales ont disparu au rythme de 18 terrains de football par minute. Prévu pour être officiellement lancé lors de la COP30 à Belém, le mécanisme pourrait bénéficier à plus de 70 pays forestiers, avec déjà le soutien de 34 États, et offrir à des pays comme la Guinée une opportunité stratégique — à condition que ces engagements se traduisent par des actions concrètes sur le terrain.

Les engagements internationaux existent. Les mécanismes financiers se multiplient. Mais, pour le  bassin du Congo la mise en œuvre reste trop lente, trop fragmentée, souvent déconnectée des réalités locales.

Le test guinéen : entre exploitation minière et résilience forestière: L’Afrique abrite le deuxième plus grand massif forestier tropical de la planète, celui du bassin du Congo. Mais en Afrique de l’Ouest, les forêts sont fragmentées et fragilisées. La Guinée, souvent décrite comme le « château d’eau de la région », occupe une position stratégique. Ses forêts alimentent les grands fleuves ouest-africains, mais elles subissent des pressions croissantes.

Le pays a récemment finalisé son Niveau d’Émissions de Référence des Forêts (NERF) pour la période 2016-2020. Ce document technique met en lumière une réalité préoccupante : les émissions annuelles liées au secteur forestier atteignent en moyenne 13,65 millions de tonnes de CO₂ équivalent.

Contrairement à certaines idées reçues, la déforestation n’est pas la principale source d’émissions. En Guinée, la dégradation forestière représente environ 75 % des émissions, contre 25 % pour la déforestation directe. Cette situation reflète des dynamiques quotidiennes : agriculture sur brûlis, production de charbon de bois pour les centres urbains, exploitation forestière peu contrôlée. Sur près de 195 000 hectares dégradés chaque année, plus de 150 000 se situent en zone tropicale humide.

Ce diagnostic intervient à un moment décisif. Le développement du projet minier de Simandou, l’un des plus grands gisements de fer au monde, ouvre une nouvelle phase économique pour le pays. Mais il soulève également une question cruciale : la Guinée pourra-t-elle concilier exploitation des ressources et protection de ses écosystèmes ?

Les infrastructures associées — routes, voies ferrées, zones industrielles — traversent des paysages forestiers fragiles. Si les recommandations du NERF sont pleinement intégrées aux politiques publiques, elles pourraient renforcer la lutte contre la dégradation forestière grâce à des outils de suivi plus précis et des données nationales spécifiques.

Toutefois, la production de données ne suffit pas. La communauté internationale attend désormais une montée en puissance des actions concrètes. La lutte contre la dégradation forestière nécessite des alternatives énergétiques, une gouvernance foncière renforcée et une mobilisation effective des populations locales.

Un enjeu national aux implications globales : La protection des forêts ne peut être considérée comme une responsabilité exclusivement nationale. Elle est au cœur d’un système climatique interconnecté. Préserver les forêts en Guinée, c’est contribuer à la stabilité environnementale bien au-delà de ses frontières.
Cela suppose une volonté politique forte, une transparence accrue dans la gestion des ressources naturelles et une mobilisation réelle des partenaires internationaux. Soutenir la transition forestière implique d’investir dans des alternatives énergétiques, de renforcer les institutions et d’accepter que la durabilité ait un coût immédiat.

La Journée mondiale des forêts ne devrait pas être un rituel symbolique. Elle devrait marquer un point de bascule dans la manière dont les États conçoivent leur trajectoire de développement.

La Guinée dispose encore d’un capital naturel exceptionnel. Mais le temps des arbitrages approche. Chaque hectare dégradé réduit la marge de manœuvre du pays face aux crises climatiques futures. Au-delà des discours et des stratégies, la question est désormais simple : les décideurs, les investisseurs et les citoyens sont-ils prêts à faire des forêts une priorité réelle ?

Alpha O. Kaloga : Lead negotiator Groupe Afrique Porte parole Pertes et Prejudices

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