Le porte-parole du Forum des Forces sociales de Guinée, Ibrahima Balaya Diallo, estime qu’il n’est pas nécessaire de déployer des militaires le long des frontières guinéennes. Il appelle plutôt les autorités guinéennes et celles des pays voisins à privilégier le dialogue et la compréhension entre les peuples. Il s’est exprimé ce lundi 16 mars 2026 au micro de notre rédaction.
« Quand nous avons des problèmes avec les pays limitrophes, nos voisins immédiats, je crois que ce ne sont pas forcément des militaires qu’il faut envoyer. Il faut mobiliser les traditionnalistes, les géographes, les historiens, les démographes, pour comprendre certaines réalités. On n’a pas besoin de cela, parce que, de part et d’autre, ce sont les mêmes peuples. Quand vous prenez le Libéria par exemple, il n’y a que la Makona qui nous sépare. S’il n’y avait pas cette rivière, ce serait le même peuple, la même langue. Donc, je crois qu’il n’y a pas péril en la demeure pour que notre armée soit en grande alerte ou qu’on adopte des postures guerrières. Moi, je crois que ce n’est pas la peine. Il faut utiliser d’autres mécanismes. Maintenant, il ne faut pas encourager une escalade de la violence. S’il y a eu des malentendus de part et d’autre de la frontière, il faut en parler, comprendre les raisons et les fondements. »
L’activiste de la société civile salue par ailleurs la tenue, annoncée ce lundi à Conakry, du sommet de l’Union du fleuve Mano, qui regroupera les dirigeants des pays membres. Selon lui, cette rencontre pourrait contribuer à dissiper les malentendus liés aux frontières.
« C’est essentiel. Quand on est voisins, il faut se parler. C’est ce qui peut aplanir les dissensions. Nous en avons besoin.
Si les présidents se déplacent pour venir à Conakry rencontrer leurs homologues guinéens, c’est de bon augure. Moi, je ne crois pas qu’on ait besoin de gaspiller nos munitions pour des peuples qui nous ressemblent. Ce sont nos parents. Il n’y a pas en Guinée quelqu’un qui n’ait pas un parent né au Libéria ou en Sierra Leone. Tous ces espaces ouest-africains sont liés par les peuples et par les langues. Il ne faut pas perdre de vue que ce sont des frontières artificiellement tracées par le colonisateur. »
Amara Morgan pour Kabakonews.com






