Le système d’assainissement guinéen n’a rien à envier à celui des pays occidentaux. C’est du moins l’analyse de Sékou Keita, président de la Coordination nationale des acteurs de l’assainissement de Guinée (CNAAG), qui plaide pour un modèle financé par les abonnements des ménages, plus fiable que le financement étatique pur.
Selon Sékou Keita, la Guinée est en train de poser les bases d’une politique de salubrité parmi les plus solides d’Afrique, inspirée des pratiques européennes et américaines. Le principe clé ? Les ménages paient eux-mêmes leurs abonnements pour la collecte des déchets, garantissant la pérennité du système.
« Il faut reconnaître que la Guinée est en train de construire un système fiable. Ici, comme en Europe ou aux États-Unis, c’est le ménage qui paye les déchets. Et quand c’est le cas, le système est plus fiable. Quand vous prenez, par exemple, Cotonou, qui est la troisième ville la plus propre d’Afrique aujourd’hui, c’est l’État qui paye à la place des citoyens. Et ça, ce n’est pas un système durable. Dès qu’il y aura un changement de pouvoir parce que c’est inévitable – ou un manque de moyens, les déchets peuvent revenir rapidement. »
Ce modèle gagne du terrain en Guinée, grâce à l’adhésion croissante des populations, précise Sékou Keita.
« Aujourd’hui, ça commence à réussir, parce qu’il y a des quartiers ou des secteurs qui sont à 60, 70, voire 80% de taux de pénétration aujourd’hui. Ce n’est pas que le ménage a fini de prendre le système, mais il y a un résultat positif qui peut donner à la Guinée un mécanisme sérieux, un système d’assainissement sérieux et durable par rapport aux autres nations. »
Amara Morgan pour Kabakonews.com






