Le lac de Sonfonia risque de disparaître si des mesures urgentes ne sont pas prises. Cette inquiétude est exprimée par Abdourahmane Diakité, consultant en environnement, qui alerte sur des signes avant-coureurs d’une disparition imminente de ce patrimoine naturel de la capitale.

Situé entre les quartiers de Sonfonia et Yataya, ce plan d’eau emblématique de la banlieue de Conakry subit une dégradation rapide, conséquence directe de la pollution et du manque de protection environnementale.
« Nous sommes aujourd’hui en état d’alerte, état d’alerte majeur. Si rien n’est fait, ce bien naturel va disparaître. Parce qu’imaginez, dix ans avant aujourd’hui, ce n’était pas comme ça. Eh bien, dix ans après aujourd’hui, ça ne sera pas aussi comme ça, si rien n’est fait. Vous savez, ce lac aujourd’hui se trouve dans un état de dépression. Le lac, si rien n’est fait, dans les années à venir, tend à disparaître. Or, ce joyau naturel ne doit pas disparaître sans que les autorités n’agissent. » a-t-il alerté.
Des signes écologiques alarmants
Selon le spécialiste, plusieurs indices prouvent que le lac est en voie de disparition. Le déséquilibre écologique s’accentue et l’écosystème aquatique est menacé.« Quand la demande chimique en oxygène est élevée, c’est la disparition du milieu aquatique. Donc, nous allons assister à la transformation de l’écosystème aquatique en écosystème terrestre. Et le lac tend vers ça, comme ça. Le lac est en phase de mutation de l’écosystème aquatique en écosystème terrestre. Parce que vous voyez qu’il y a des îlots qui se créent maintenant dans le lac. Ces plantes-là que vous voyez en train de pousser par-ci, par-là dans le lac, en sont la preuve. »
Un appel pressant aux autorités
Pour sauver le lac de Sonfonia, Abdourahmane Diakité plaide pour des actions concrètes et un engagement fort des pouvoirs publics. Il propose notamment un plan de réaménagement inspiré du modèle du lac de Gassicolo, afin de redonner vie à cet espace naturel au profit des habitants de Conakry.
« Toutes les activités qui se font autour du lac, qui polluent le lac, doivent être arrêtées. Les communautés riveraines, leurs eaux usées descendent dans le lac. Leurs eaux de latrines descendent dans le lac. Mais il faut faire un inventaire, supprimer toutes ces sources. Je vous avais parlé de la relocalisation : il faut les déguerpir. Tout ce que vous allez voir, les familles que vous allez voir, que leurs eaux usées descendent dans le lac, vous les interdisez de faire ça. Ils n’ont qu’à trouver une solution ou bien quitter. Je vous avais dit que l’enjeu est de taille. Il faut que le gouvernement s’implique pour déguerpir. Les eaux usées ne doivent plus descendre. »
Amara Morgan pour Kabakonews.com
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