Le colonel Claude Pivi, officier militaire guinéen né en 1960 à Nzérékoré, est décédé le 6 janvier 2026 en détention à la maison centrale de Coyah, selon un communiqué du parquet général de la Cour d’appel de Conakry. Membre influent du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), il avait occupé le poste de ministre chargé de la sécurité présidentielle sous la présidence de Moussa Dadis Camara. Reconnu coupable de « crimes contre l’humanité » pour son rôle dans les massacres du 28 septembre 2009 au stade du 28-Septembre de Conakry, il avait été condamné le 31 juillet 2024 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 25 ans.
Claude Pivi entame une carrière sportive dans le karaté, participant notamment aux championnats d’Afrique dans les années 1980. Il intègre l’armée guinéenne en 1985 et y enseigne le karaté à plusieurs officiers, dont Aboubacar Sidiki Diakité.Sous la présidence de Lansana Conté, il gravit les échelons comme sergent-chef au bataillon autonome des troupes aéroportées. Il se fait connaître en mai 2008 comme porte-parole des soldats lors d’une mutinerie.Nommé ministre par décret présidentiel le 31 décembre 2008, au lendemain de la formation du gouvernement de Kabiné Komara, il est promu capitaine en avril 2009. À la suite du massacre du 28 septembre 2009, qui a fait plus de 150 morts et des centaines de blessés, Claude Pivi figure en 20e position sur la liste des personnalités guinéennes interdites d’entrée ou de transit dans l’Union européenne.
Cette mesure sanctionne les membres du CNDD et leurs associés, responsables de la répression violente et de l’impasse politique. L’Union africaine l’inscrit également sur sa liste noire, avec refus de visas, restrictions de voyages et gel d’avoirs.Le 27 juin 2013, il est inculpé dans l’instruction judiciaire guinéenne sur les événements du 28 septembre.
Le procès, repris en avril 2023 devant le tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la Cour d’appel de Conakry, inclut les témoignages des victimes.En novembre 2023, après son évasion de la maison centrale de Conakry orchestrée par un commando, les autorités offrent une récompense de 54 000 euros pour sa capture.
Le 31 juillet 2024, il est condamné par contumace pour « crimes contre l’humanité », avec réclusion à perpétuité, période de sûreté de 25 ans et mandat d’arrêt international.
Arrêté le 17 septembre 2024 à la frontière libérienne par la police, il est transféré à Monrovia avant d’être extradé vers Conakry par vol spécial dans la nuit du 17 au 18 septembre. Depuis, il était détenu à la maison centrale de Coyah.Claude Pivi, souffrant de diabète chronique et d’hypertension artérielle, a été hospitalisé le 4 janvier 2026 suite à une hypoglycémie sévère due à une non-observance de son traitement. Évacué d’urgence à l’hôpital militaire du Camp Almamy Samory Touré, il décède deux jours plus tard, le 6 janvier, des suites d’un coma hypoglycémique, selon le médecin traitant. Le parquet général a ordonné une autopsie, dont les résultats seront communiqués ultérieurement.
Amara Morgan pour Kabakonews.com






