Une équipe mixte du Ministère de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, de l’ANASP et du Gouvernorat dans les communes pour une évaluation de l’activité des PME. La question de l’assainissement de Conakry ne relève plus seulement d’un impératif environnemental ; elle constitue désormais un enjeu de gouvernance, de santé publique et de crédibilité institutionnelle. Dans ce dispositif complexe, les PME d’assainissement mandatées par les communes occupent une place centrale. Leur présence sur le terrain, leur proximité avec les ménages et leur rôle dans la pré-collecte confèrent à ces structures un poids stratégique dans la chaîne de gestion des déchets.
Pourtant, force est de constater que la gouvernance de ces PME demeure fragile, hétérogène et parfois non conforme aux exigences d’efficacité attendues. Cette situation exige une réforme courageuse et une réorganisation rigoureuse.
1. Les limites actuelles : un système fragmenté et peu contrôlé.
Plusieurs insuffisances majeures entravent aujourd’hui le bon fonctionnement du dispositif :
1.1. Absence d’un cahier des charges harmonisé
Les critères d’éligibilité, les obligations opérationnelles et les standards de performance varient d’une commune à l’autre. Cette disparité crée une inégalité de traitement et une inefficacité structurelle dans la chaîne de pré-collecte.
1.2. Manque de mécanismes de supervision
La rotation des tricycles, la fréquence de passage dans les quartiers, la gestion des points de regroupement et la relation avec les ménages ne font l’objet que de suivis sporadiques. Sans évaluation continue, aucune performance durable ne peut être garantie.
1.3. Faible responsabilisation des tenanciers
Certains chefs d’équipes ou gérants de PME se montrent laxistes dans l’encadrement de leurs agents :
– absence de contrôle quotidien,
– pratiques informelles,
– dérives tarifaires au détriment des ménages,
– retards de collecte créant des débordements publics.
L’absence de sanctions claires perpétue des comportements contre-productifs.
𝟐. 𝐔𝐧𝐞 𝐫𝐞𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐧𝐞𝐜𝐞𝐬𝐬𝐚𝐢𝐫𝐞 : 𝐩𝐫𝐨𝐟𝐞𝐬𝐬𝐢𝐨𝐧𝐧𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐞𝐭 𝐡𝐚𝐫𝐦𝐨𝐧𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐥𝐚 𝐠𝐞𝐬𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐏𝐌𝐄
La gouvernance des déchets doit s’appuyer sur un dispositif clair, équitable et transparent, comprenant :
un référentiel national des obligations des PME d’assainissement ;
des contrats de performance signés entre les communes et les opérateurs ;
un système de reporting quotidien ;
une rotation programmée et contrôlée ;
une coordination renforcée entre les communes, l’ANASP et la Direction Générale de l’Assainissement.
Cette réforme vise non seulement à améliorer la qualité de la collecte, mais aussi à restaurer la confiance des citoyens, aujourd’hui lassés de l’insalubrité chronique.
3. L’innovation technologique : la mise en place de GPS sur les camions.
Pour sortir des approximations et du pilotage “à vue”, l’État, à travers le Ministère de l’Hydraulique, des Hydrocarbures, l’ANASP et le Gouvernorat, entend introduire une solution moderne : l’installation de GPS sur les camions et équipements lourds.
Le GPS permettra :
de suivre en temps réel le déplacement de chaque véhicule ;
d’identifier les retards, détours injustifiés ou stations prolongées ;
d’évaluer la vitesse et le respect des circuits assignés ;
d’optimiser les temps de rotation entre les zones de tri, de transit et la décharge.
La gestion des PME au sein des communes ne peut plus rester un domaine improvisé ou tolérant les approximations. L’assainissement, cœur de la santé publique et du développement urbain, exige discipline, rigueur et transparence.
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