La quatrième audience s’est tenue ce mardi dans le dossier Aliou BAH. Le Procureur Général près la Cour d’Appel de Conakry a requis 5 ans de prison ferme contre le Président du MODEL. Une demande qui a suscité l’indignation de la défense dans ses plaidoiries. Le procès a été renvoyé à demain mercredi 23 avril 2025, pour la suite des plaidoiries.
Au sortir de l’audience, Maitre Almamy Samory Traoré n’a pas caché son indignation par rapport aux réquisitions du Procureur Général de la Cour d’Appel.
« Ecoutez, nous sommes très surpris, très déçus et très étonnés des réquisitions du parquet général. Nous avions estimé qu’en faisant lui-même appel et en demandant l’aggravation de la peine de monsieur Aliou BAH, qu’il se serait accroché des faits et des dispositions de la loi. Monsieur le procureur, dans tout son argumentaire, a essayé de développer sur le fait que monsieur Mamadou Aliou BAH devrait être condamné à cinq ans d’emprisonnement parce que lui, il estime que lorsqu’il y a un conflit, lorsque plusieurs infractions ont été commises, donc il parle de cumul réel d’infractions, que la peine qui concerne l’infraction la plus grave devrait s’appliquer et que pour lui, la loi spéciale devrait déroger à la loi générale. Sauf que cet argumentaire est tiré par les cheveux parce que les dispositions de 2010 du code pénal sont très claires. Une loi spéciale ne s’applique en présence d’une loi générale que lorsque les dispositions de la loi spéciale sont plus favorables à la personne poursuivie, bien entendu, que la loi générale. Dans ce cas précis, la loi de 2015 dont il demande l’application qui prévoit une peine d’emprisonnement de cinq ans ne peut pas s’appliquer devant le code pénal même si les faits étaient constitués. » A-t-il rappelé.
Les avocats de Mamadou Aliou BAH ont plaidé non coupable dans ce dossier. Maitre Almamy Samory Traoré soutient que son client n’a tenu aucun propos outrageant à l’endroit du Chef de l’Etat.
« Comme nous l’avons fait en première instance, nous avons plaidé non coupable et nous avons développé notre argumentaire pour dire que M. Aliou BAH n’a jamais tenu un propos qu’on pourrait qualifier de diffamatoire ou d’outrageant à l’endroit du Chef de l’Etat. Il ne l’a jamais manqué de respect, il n’a jamais maintenu son nom même si le procureur aujourd’hui dans sa tentative de faire admettre à M. Mamadou Aliou BAH que ce dernier, en relevant le cas de kidnapping et de théorie de répression qui s’adressait au chef de l’Etat, il a toujours rappelé, « J’ai utilisé un terme général qui n’implique directement pas personne… » Donc il n’a jamais parlé en réalité du chef de l’Etat. Donc nous avons plaidé dans ce sens-là et nous pensons que le juge d’appel est plus expérimenté et qui maîtrise plus les textes. » Ajoute maitre Almamy Samory Traoré.
Amara Morgan
Pour Kabakonews.com






