Diaka Camara propulse la Mamaya de Kankan vers l’UNESCO. Le documentaire « Mamaya, danse éternelle de Kankan » ouvre la voie à une reconnaissance mondiale
Le vendredi 1er mai 2026, Conakry a vécu un moment culturel d’exception. L’avant-première du documentaire « Mamaya, danse éternelle de Kankan », signé par la productrice et entrepreneuse guinéenne Diaka Camara (CBC Worldwide), a réuni officiels, acteurs culturels et passionnés autour d’une œuvre qui dépasse le simple cadre cinématographique : une déclaration d’amour filmée à une danse séculaire, et le premier acte concret d’une campagne pour son inscription au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.
Avec ce documentaire, Diaka Camara s’impose comme la pionnière d’un combat patrimonial que la Guinée tarde à mener. Elle qui incarne depuis des années l’audiovisuel engagé — à travers Le Mannequin, première télé-réalité panafricaine, ou ses documentaires sur les figures oubliées de la culture guinéenne — choisit aujourd’hui de braquer sa caméra sur la Mamaya, cette danse collective mandingue née à Kankan dans les années 1930, symbole d’unité, de paix et de cohésion sociale.
Son ambition est claire et assumée : documenter pour ne pas oublier, mais surtout pour transmettre. « On ne peut pas s’approprier quelque chose que l’on ne connaît pas », a-t-elle déclaré lors de la soirée, soulignant que ce film constituera la pièce maîtresse du dossier de candidature auprès des instances internationales.
L’initiative de Diaka Camara a immédiatement fédéré. Malick Kébé, Directeur général du Fonds de Développement des Arts et de la Culture (FODAC), et l’acteur culturel Sansy Kaba ont apporté leur soutien à ce projet, saluant sa capacité à mettre en lumière l’âme de Nabaya tout en l’élevant au rang de symbole national.
Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a pour sa part apporté une caution politique forte, annonçant une avancée concrète : la réactualisation de la liste nationale indicative des biens culturels de la Guinée — une première en vingt ans — dans laquelle la Mamaya occupe désormais une place de choix. Il a cependant rappelé une exigence fondamentale : en s’ouvrant au monde, la Mamaya doit préserver son essence originelle et son savoir-faire ancestral.
« Dans la Mamaya, les gens ne voient ni politique, ni ethnie. Ils voient la Guinée qui se célèbre », a affirmé le ministre.
Au-delà de l’exploit documentaire, cette soirée a mis en lumière une vision plus large : faire de la culture un ciment de l’unité nationale. La Mamaya en Haute-Guinée, le Kania Soly en Basse-Guinée, le Donkin Fouta en Moyenne-Guinée et le Festival des masques en Guinée Forestière forment les piliers d’une feuille de route gouvernementale visant à structurer des pôles culturels régionaux.
Grâce au travail de Diaka Camara, la Guinée ne se contente plus de pratiquer sa culture : elle la documente, la protège et l’exporte. Le chemin vers l’UNESCO est désormais tracé. Et derrière la caméra, c’est une femme entrepreneuse qui aura osé la première dire : la Mamaya mérite le monde.
Kabakonews.com





