Ce jeudi 23 avril 2026, les commerçantes du marché Batomba, situé face au stade de la Mission, ont été brutalement déguerpies. Si les autorités mettent en avant un plan de relocalisation vers Coronthie, les femmes dénoncent une opération sans préavis ayant entraîné d’importantes pertes matérielles.
Le choc est immense pour les occupantes du marché Batomba. En l’espace de quelques heures, ce centre de négoce autrefois foisonnant a été vidé de ses occupantes. Selon les témoignages recueillis sur place, aucune notification officielle n’aurait été transmise aux vendeuses avant l’arrivée des forces de l’ordre.
Aminata Sacko, responsable des commerçantes, ne décolère pas face à cette méthode qu’elle juge arbitraire.
« On ne nous a pas averties. C’est une collègue qui est venue nous prévenir en urgence. J’ai protesté, expliquant qu’il était impossible de déplacer nos stocks ainsi, mais rien n’y a fait. Il y a eu énormément de pertes. »
Même constat d’amertume chez Maciré Camara. Pour elle, au-delà du préjudice financier, c’est la dignité des mères de famille qui a été piétinée : « Dans la précipitation, beaucoup d’objets ont été cassés ou perdus. On ne nous a accordé aucun délai. Nous nous sommes senties humiliées », déplore-t-elle.
Pour pallier ce déguerpissement, les autorités ont désigné un nouvel espace dans le quartier Coronthie. Cependant, le transfert est loin d’être serein. Dès notre arrivée sur le nouveau site, les tensions étaient palpables autour de l’attribution des places.
Échaudées par cette expulsion subite, les commerçantes posent désormais leurs conditions. Elles refusent toute solution précaire et exigent des garanties de sédentarité pour elles et leurs enfants.
« Nous ne voulons plus d’un endroit pour seulement six mois. Nous voulons un marché durable. Désormais, seule la mort nous fera quitter nos nouveaux étals », martèle Aminata Sacko.
Maciré Soumah abonde dans son sens, prévenant que la passivité dont elles ont fait preuve ce jeudi ne se répétera pas : « Nous sommes parties sans insulter, sans nous opposer. Mais que les autorités sachent : si on tente de nous déloger à nouveau du site de Coronthie, nous nous opposerons farouchement. »
L’incompréhension est d’autant plus vive qu’aucune communication officielle n’avait préparé le terrain pour Batomba. Dans un communiqué publié la veille, le 22 avril, la Police nationale se concentrait exclusivement sur le marché Gnèguèma, sommant les propriétaires de véhicules de libérer les lieux.
Amara Morgan pour Kakonews.com






