L’atelier de Pilotage opérationnel des projets du Ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation (MCENI) dans le cadre du Programme Simandou 2040 s’est tenu ce mardi 14 avril 2026 à Conakry. Cette rencontre a réuni les principaux responsables du ministère autour d’une réflexion stratégique sur le rôle du numérique dans la réussite du programme.

Dans son allocution d’ouverture, le ministre Mourana Soumah a souligné l’importance du numérique comme socle du développement économique et industriel de la Guinée.
« Le numérique n’est pas un simple secteur, c’est une infrastructure invisible mais transversale, indispensable à la réussite du Programme Simandou 2040 », a déclaré le ministre.

Le numérique, moteur de la transformation du corridor Simandou
Mourana Soumah a rappelé que les priorités du MCENI s’articulent autour de trois axes :
La connectivité nationale : déploiement du backbone (réseau dorsal) sur l’ensemble du territoire, notamment le long du corridor minier de Simandou.
L’extension des réseaux métropolitains et internationaux : renforcement des infrastructures de haut débit, appuyé par des projets comme le câble sous-marin.
La structuration du secteur numérique : mise en place d’un cadre favorisant la souveraineté technologique et la sécurité des données.
Selon le ministre, le déficit de connectivité dans certaines zones minières « constitue un frein majeur à la compétitivité et à la projection de la croissance nationale ».
Vers un opérateur national pour la souveraineté télécom

M. Soumah a également insisté sur l’urgence de doter la Guinée de son propre opérateur national de téléphonie, une condition essentielle, selon lui, pour garantir la souveraineté numérique et la sécurisation des données stratégiques.
« Il nous faut renforcer nos capacités nationales en matière de cybersécurité et structurer le secteur des télécoms. Pour notre souveraineté économique, il est impératif que la Guinée dispose de son opérateur national », a-t-il martelé.
L’infrastructure numérique, colonne vertébrale du développement
Évoquant l’état d’avancement du backbone national, le ministre a précisé que 4 325 kilomètres de fibre optique ont déjà été déployés. À titre de comparaison, le Kenya, référence africaine en matière de connectivité, en compte près de 15 000 kilomètres.
« Pour atteindre ce niveau, a-t-il expliqué, la Guinée devra planifier près de 10 000 kilomètres supplémentaires de réseau. Le backbone, c’est l’autoroute du numérique : sans lui, difficile de faire circuler les ‘voitures’ de la transformation digitale. »


Cet atelier s’inscrit dans la dynamique du Programme Simandou 2040, qui vise à transformer les grands projets miniers du pays en véritables leviers de diversification économique et d’innovation technologique.
Amara Morgan pour Kabakonews.com






